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Apocryphes

Bible de Barnabé 01

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bible de Barnabé

(origine Égypte, écrit en latin ! )

chapitres

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  La Bible de BARNABE

étude  01

L'évangile apocryphe de Barnabé (XIV° - XVI° siècles)

CE QUE L'ÉGLISE DIT :J'ai longuement hésité avant d'ajouter cet appendice. L'affaire de cet évangile, non seulement apocryphe mais surtout très tardif, est rocambolesque. Nous étions beaucoup à souhaiter qu'elle se termine d'elle-même et le mieux, semblait-il, était de se taire. Mais voici que depuis une dizaine d'années, ce faux évangile sert à une propagande anti-chrétienne, discrète mais fort nette : il est présenté à des chrétiens penchant vers l'islam et peu au courant de la question dans le but de les attirer. Il serait bon que tous ceux qui, à un titre ou un autre, ont une responsabilité chrétienne sachent qu'il existe. Le jour où tout sera retombé dans l'oubli, cet appendice n'aura plus de raison d'être et pourra être supprimé.

En attendant, sa présence dans ce Cahier répond au fait que l'auteur de cet évangile a remanié un donné très ancien dans une ligne précise il a voulu fournir un évangile qui s'harmonise avec le Coran.

C'est au XVII° siècle qu'en Hollande, des humanistes de tendance déiste tombèrent sur le texte, écrit en italien, d'un évangile soi-disant rédigé par Barnabé sur l'ordre de Jésus. Barnabé est connu dans le Nouveau Testament comme un lévite originaire de Chypre et qui accompagna saint Paul pendant une partie de son apostolat. Ici il est présenté comme s'il avait été l'un des douze apôtres, depuis le tout début du ministère de Jésus. Il est dit avoir été le témoin de toute l'activité évangélique de Jésus Emmené partout par Jésus, il est dit dans ce texte avoir été avec lui chaque fois que, dans les Évangiles synoptiques, seuls les trois intimes, Pierre, Jacques et Jean, l'accompagnent. Et même chez les Judéo-chrétiens qui font de Barnabé un apôtre, celui-ci n'est agrégé aux onze qu'après la mort de Judas et à sa place.

La première réaction de ces humanistes du XVIII° siècle fut de se demander s'il ne s'agissait pas d'un évangile ancien qui aurait eu cours en Arabie à l'époque de Mohammad. Ils ne se prononcèrent pas, jugeant avec sagesse qu'un complément d'enquête serait nécessaire. Ce manuscrit fut finalement incorporé à la grande bibliothèque de Vienne où il se trouve actuellement.

En 1907 il fut publié avec une excellente étude critique et une traduction anglaise par Lonsdale et Laura Ragg (Oxford, Clarendon Press). Il était net qu'il s'agissait d'un texte rédigé entre le XIV° et le XVI° siècles, probablement dans l'Ouest du bassin méditerranéen. Le manuscrit italien était postérieur à 1575, date à laquelle commence la fabrication du papier sur lequel il est écrit, comme en fait foi son filigrane.

La critique interne montrait, pour le texte lui-même, un auteur ignorant la géographie de la Palestine, se servant des Évangiles d'après le Diatessaron de Tatien, les coupant selon ses vues théologiques à lui, y ajoutant de nombreux discours de spiritualité chrétienne occidentale médiévale (certains thèmes se datent clairement) et surtout, mise à part l'affirmation de base, remodelant le tout selon la vision musulmane de l'histoire religieuse du monde et celle de Jésus, y compris la substitution miraculeuse d'un sosie arrêté et crucifié à la place de Jésus qui lui est emmené au ciel, sain et sauf, par des anges. Dans son état actuel, le texte est une rédaction que l'on doit dater du XIV° au XVI° siècle, pas avant.

Traduit en arabe dès 1908, cet apocryphe a connu un très grand succès en terre d'islam. Il fut retraduit en d'autres langues musulmanes et périodiquement réédité. Même s'il est relativement peu lu, beaucoup en parlent comme de l'évangile le plus proche de celui que Dieu aurait communiqué du ciel à Jésus et qui serait perdu. Et les vies musulmanes de Jésus, même l'une d'elles écrite par un docteur d'université européenne, s'en inspirent.

Un évangile de Barnabé, dont le nom seul est connu, avait existé aux V°-VI° siècles comme en fait foi la condamnation portée par le décret dit de Gélase à cette époque. Mais il est impossible que, dans son état actuel, le texte italien représente cet original inconnu.

Que faut-il en penser ? Du côté musulman, malgré l'engouement général, quelques rares voix ont eu le courage d'aller à contre-courant et de dire pourquoi le texte était inacceptable aux yeux de la critique historique. Chez les Occidentaux, deux tendances sont apparues. La première, la plus répandue, accepte les conclusions de l'étude critique fournie par les éditeurs de 1907. Elle considère ce texte comme composé au XVI° siècle (peut-être au XIV° mais pas avant). L'hypothèse de recherche actuelle la plus séduisante y verrait un faux lancé dans un esprit de vengeance contre l'inquisition espagnole ou un moyen de défense de la foi des musulmans d'Espagne persécutés au XVI° siècle après la Reconquista. Les ou la seule référence que l'on ait de ce texte provient de milieux morisques et, en Espagne à cette époque, il a existé d'autres faux du même genre.

La seconde tendance, exprimée par L. Cirillo dans une thèse de doctorat (éditée après avoir été considérablement étoffée, à Paris chez Beauchesne en 1977), y verrait un noyau primitif judéo-chrétien très ancien auquel aurait été amalgamée, bien plus tard, une apologie de l'islam. Le tout aurait été remanié et réécrit au XVI° siècle.

De toutes façons, il ne peut s'agir d'un évangile sérieux, le noyau judéo-chrétien mis à part au cas où l'hypothèse de L. Cirillo encore bien fragile recevrait quelque confirmation plus solide.

Le texte comporte 222 chapitres. Les deux chapitres et demi que nous donnerons ici montrent Jésus revenant de faire le carême au mont Sinaï et trouvant la Palestine en effervescence. Pendant son absence, les trois autorités, Pilate, Hérode et le Grand Prêtre, se sont réunies avec trois armées de deux cent mille hommes chacune pour faire face au peuple sur le point de s'entre-tuer (chapitre 91). Parmi les juifs, les uns disent que Jésus est Dieu ou Fils de Dieu, les autres s'y opposent absolument. Tous décident de se réconcilier et d'attendre le retour de Jésus pour pouvoir l'interroger. Jésus arrive. Le Grand Prêtre veut se prosterner devant lui. Jésus l'arrête. Il demande au Grand Prêtre quelle est la foi juive. Le Grand Prêtre la lui explique Jésus adhère pub liquement, article par article, à tout ce qui est dit et rejette formellement ce que l'on affirme sur sa divinité C'est alors que le Grand Prêtre l'interroge et lui demande qui il est.

La réponse est importante. Jésus nie être le Messie et annonce Mohammad qui sera le Messie attendu. Ce point qui aurait dû frapper les musulmans est passé inaperçu aux yeux de la plupart d'entre eux, probablement parce qu'ils ne se rendent pas compte de la forme du mot. Le texte italien est net Jésus affirme ne pas être "il Messia". Et de son côté le Coran enseigne explicitement à propos de Jésus : "Son nom est le Messie, Jésus, fils de Marie" (Coran 3, 45). L'affirmation de base de ce faux évangile va donc directement contre le Coran. Ce point devrait être souligné dans les échanges avec les musulmans et cet argument est le plus fort qui puisse leur être proposé.

Il est inutile de faire remarquer tout ce que ce passage a de factice, y compris l'intervention du Sénat Romain. Jamais la question de la personne de Jésus ne s'est posée si crûment de son vivant. Par ailleurs le thème de la correspondance entre Pilate et le Sénat Romain est classique dans la littérature légendaire du moyen âge ; il a été exploité à maintes reprises. Le cas de Barnabé n'est pas le premier.

 

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